Formation de base : de nombreux obstacles et défis à relever pour outiller les institutions

Les problématiques liées à une maîtrise insuffisante des compétences de base occupent, depuis quelques temps, le devant de la scène internationale et tendent d’ailleurs à s’accentuer dans les années à venir. Loin de se limiter exclusivement à l’illettrisme ou l’analphabétisme, des questions autour de la formation de base émergent et sont au cœur de nombreuses discussions.
de Camille Vernet

LyonContextualisation
Le concept de formation « tout au long de la vie » a fait son apparition en réponse aux changements toujours plus rapides d’une société en perpétuelle mutation. Le contexte socioéconomique et les nouvelles technologies de l’information et de la communication font que les évolutions se succèdent à un rythme effréné. Pour y faire face au quotidien, l’adulte doit sans cesse faire preuve d’ingéniosité et de flexibilité pour répondre à ces transformations et aux nouveaux défis qu’elles engendrent.

L’accent est alors mis sur sa responsabilité à s’adapter et faire face à ces changements qui influent directement sur la nature des activités de l’adulte. Il est en devoir de développer sans cesse ses compétences afin de gérer sa vie quotidienne, se maintenir sur le marché du travail et en surmonter les nouvelles exigences.


Enjeux
Dans son rapport « L’éducation au-delà de 2015 », la Conférence générale de l’UNESCO recommande d’ailleurs « une éducation équitable et de qualité et un apprentissage tout au long de la vie pour tous ». Dans ses priorités thématiques, elle propose de renforcer l’alphabétisation des jeunes et des adultes ainsi que d’accorder une importance croissante aux compétences nécessaires dans la vie courante et au travail.

Si ces axes gagnent en importance, c’est qu’ils agissent directement sur l’autonomie et le potentiel de développement humain dans le quotidien qui contribuent à la réalisation d’enjeux sociétaux auxquels des lacunes en compétences de base peuvent faire obstacles : employabilité, intégration, développement personnel, engagement civique, etc.

Il n’est plus seulement question de savoir lire et écrire, mais de réussir à mobiliser différents types de savoir afin de faire preuve de compétences dans la gestion des situations rencontrées et contribuer ainsi aux objectifs socioéconomiques globaux. Par conséquent, ceci influence directement les besoins de formation des adultes qui sont multiples, complexes, personnels et/ou professionnels ainsi que les dispositifs de formation à mettre en œuvre.


Formation de base
C’est pourquoi la formation de base est depuis quelques temps au cœur de nombreuses réflexions politiques ou associatives. Visant l’acquisition des connaissances et le développement de compétences de base nécessaires à toute personne pour répondre à leurs divers besoins et s’insérer durablement dans la société – au niveau culturel, économique, politique et social – de nombreux projets existent, se développent et se créent.

A titre d’exemple, mentionnons le projet d’envergure fide de l’ODM (Office fédéral de la migration) qui porte sur l’intégration linguistique des migrants[i] ou encore les financement attribué par l’OFC (Office fédéral de la culture) à divers organismes pour prévenir et lutter contre l’illettrisme[ii].


Des travers à éviter
Mais penser que la formation de base ne concerne que les étrangers et qu’elle ne concerne que les domaines de la lecture, de l’écriture et de la numératie, sont des raccourcis dramatiques ! En suisse, le nombre de personnes éprouvant des difficultés en compétences de base constitue plus de 800 000 personnes (ALL).

De même, il s’agit de ne pas confondre le fait d’être compétent et celui d’avoir des compétences. L’exécution d’une tâche fait appel à de nombreux savoirs qu’il s’agit de mobiliser adéquatement dans l’action et son environnement, et c’est précisément ces interrelations qui permettent de rendre visible la compétence.


Lyon1Des défis à relever

Outre les difficultés à toucher les publics-cible, l’œil avertit aura reconnu ici que l’un des défis actuels de la formation de base concerne le transfert des acquis dans la vie quotidienne et/ou sur la place de travail pour contrer les effets néfastes engendrés par une faible maîtrise des compétences de base. Développer ses compétences ne dépend donc pas que du bon vouloir des individus mais bien d’un système global d’interactions qui leur permette de les utiliser, de manière organisée, au sein d’un environnement. Le succès d’une formation dépend donc de la possibilité de mettre en pratique les apprentissages dans diverses situations.


Des solutions existent

Ainsi, il nous paraît intéressant de relever la démarche développée dans le projet GO2. Se basant sur l’accomplissement de tâches professionnelles spécifiques à un environnement, cette approche incite à partir des besoins de formation en compétences de base, de les développer lors d’une formation contextualisée, et d’appliquer les acquis directement dans les activités professionnelles quotidiennes en ayant préalablement négocié les conditions de transfert avec les dirigeants[iii].

Au même titre que la multitude et la complexité des difficultés en compétences de base des personnes, ces quelques exemples démontrent que les solutions à apporter pour pallier ces lacunes se doivent donc, elles aussi, d’être multiples et variées.

De nombreux organismes oeuvrent en ce sens, proposent des dispositifs innovants et efficaces, mais il faut reconnaître qu’une bonne partie des solutions existantes restent malheureusement dans l’enceinte de ces institutions pour différentes raisons (manque de moyens, ressources, etc.). Pour y remédier, des réseaux s’organisent et opèrent activement à différents niveaux[iv]. Un autre défi majeur actuellement est donc de réussir à mutualiser et partager les actions et méthodes de travail, de développer des documents diffusables sur ces bonnes pratiques pour outiller d’autres organisations et renforcer les partenariats avec divers organismes (associations, institutions de formation, office de chômage, instances d’orientation, organes fédéraux, etc.).


[ii] Dans le cadre de ce mandat, le rapport continu de la FSEA suite aux Assises nationales et européennes en France peut être consulté ici.

[iii] Les outils développés dans ce projet sont actuellement en seconde phase pilote et seront mis à disposition de toutes personnes intéressées (dirigeants, DRH, formateurs, etc.) en automne 2014 sur la banque de données ressources FBA, destinée aux ressources concernant les compétences de base.

[iv] Par exemple : le C9 FBA à Genève, la CR-FBA en Suisse romande et CI Compétence de base en Suisse.

Kommentar verfassen

Trage deine Daten unten ein oder klicke ein Icon um dich einzuloggen:

WordPress.com-Logo

Du kommentierst mit Deinem WordPress.com-Konto. Abmelden /  Ändern )

Google+ Foto

Du kommentierst mit Deinem Google+-Konto. Abmelden /  Ändern )

Twitter-Bild

Du kommentierst mit Deinem Twitter-Konto. Abmelden /  Ändern )

Facebook-Foto

Du kommentierst mit Deinem Facebook-Konto. Abmelden /  Ändern )

Verbinde mit %s